vendredi 14 mai 2010

Les arcanes du Chaos - Maxime Chattam



Yael Mallan travaille dans un magasin de taxidermie. Un soir d'août, elle perçoit des mouvements étranges dans le miroir de sa salle de bains. Les apparitions se multiplient, et Yael est bientôt contactée par celles qui se nomment les « Ombres », au travers d'événements apparemment fantastiques.
Yael rencontre Thomas, et l'entraîne avec elle dans la quête des indices successifs semés par les Ombres. Yael et Thomas doivent ainsi résoudre successivement plusieurs énigmes liées à Lincoln et Kennedy ou aux symboles du billet de 1 dollar.
Cette quête les entraîne dans les galeries souterraines de Paris, à Thonon et aux USA..




Quelle déception !

Ce livre du prolifique et d'ordinaire talentueux Maxime Chattam m'a profondemment déçu. A tel point que j'ai failli abandonné avant la fin.
Contre toute attente, Maxime a apporté son pavé à la somme des histoires sur la théorie du complot à l'échelle planétaire ourdis par d'infâmes policiticiens avides d'argent et de pouvoir. Ca sent le réchauffé, les scènes d'action ennuyeuses à souhait sortent directement d'un épisode de Walker Texas Rangers et la psychologie des personnages est mince comme du papier à cigarette.

L'auteur arrive à rendre des dénouements hyper prévisibles avec un postulat de départ invrésemblable. C'est fort ! L'histoire n'a aucune consistance et on a envie que ça se finisse, et vite, car on voit d'entrée où l'auteur veut en venir. L'histoire est censée se dérouler avant les attentats du 11 septembre et expliquer ceux ci (ah au fait, c'est Bush le coupable, bien sûr) mais tout ce joli monde paie en euro (avant 2002, on payait en Francs...) ou utilise le pass du métro Navigo pourtant crée en 2006.
Ce livre n'apporte rien et on l'oublie très vite. J'aurais dû abandonné avant la fin.

samedi 1 mai 2010

Emile Gaboriau - Monsieur Lecoq

Edité en 1869, ce roman policier d'exception a largement inspiré Conan Doyle pour son personnage de Sherlock Holmes.
Monsieur Lecoq, jeune inspecteur ambitieux, est face à un crime qui pourrait facilement être expliqué. C'est sans compter sa perspicacité et son esprit incroyable de déduction et son sens logique aigu. Hermétique aux autres policiers, la scène de crime lui parle, les indices, pris dans ce qu'ils ont de plus précis et de plus logique lui racontent le crime. Mais contrairement au détective anglais à casquette, et bien heureusement pour le lecteur, Monsieur Lecoq n'est pas implacable. Il a besoin d'aide. Il touche du doigt la vérité, mais sans la dévoiler complètement. Il enrage, il insiste, il se remet en cause après chaque erreur, chaque imprécision, là ou Sherlock Holmes est énervant de justesse et de compréhension trop rapide. Ca c'est la première partie de ce (gros) roman, et elle est déjà passionnante.


La deuxième partie de ce livre est particulièrement originale car on repart dans le passé, jusqu'à l'origine des raisons très profondes qui ont fait que ce crime a eu lieu. Le lecteur est donc plongé plus de 30 ans en arrière et on assiste alors à une description en règle de la situation, mais aussi de la vie quotidienne et sociale de l'époque, ainsi qu'une galerie de personnages bien amenée. Et là, Emile Gaboriau montre tout son talent. Une écriture parfaite et envolée, des phrases tirées au cordeau de perfection, tant pour le style qu'au service de l'action. Des revirements de situation, pas de grosses ficèles. Des personnages non manichéens dont on suit presque leur vie en entier. Bref ce livre est à redécouvrir car c'est à la fois un énorme roman policier mais aussi un roman sur la société française post-bonapartiste. D'autant que s'il est mal connu chez nous, il est régulièrement ré-édité par les anglo-saxons.
Disponible également gratuitement et légalement en ebook sur www.ebooksgratuits.com